La marque deviendra célèbre à partir de 1962 avec l'AC Cobra, un dérivé musclé de la petite anglaise AC Bristol, et finira d'asseoir sa notoriété grandissante avec la Shelby GT 350 ainsi que la Shelby GT 500 faisant de cette marque une légende.
La fabuleuse histoire des Mustang Shelby :
Ford avait besoin de dynamiser l'image sportive de sa Mustang et afin d'y parvenir, qui de mieux que Carroll Shelby, repéré par la direction de Ford quelques années auparavant grâce à la métamorphose d'AC Bristol en AC Cobra par l'emploi de V8 Ford pouvait faire l'affaire ?
GT 350, une bonne dose de venin pour la Mustang !
Carroll Shelby avait fort à faire afin de modifier la Mustang de série en sportive redoutable aussi bien en ligne droite qu'en courbe. Selon la réglementation de la SSCA, on ne pouvait modifier que soit le moteur, soit le chassis. Etant donné que Ford proposait un V8 289 ci sur ses Mustang, un peu de préparation autour suffirait à le libérer complètement tandis qu'on pourrait s'intéresser au plus désastreux de l'ensemble afin d'y consacrer les plus grosses modifications : le chassis !
De profondes modifications
La Mustang de série héritait d'un train arrière assez ingrat composé d'un simple pont rigide et de suspensions à lames de ressorts, le train avant n'était pas mieux loti avec son gros débattement et sa suspension trés souple, il fallait donc retoucher l'ensemble afin de gagner en précision.
Le train avant pour commencer : il fut rabaissé en modifiant le point d'ancrage du triangle supérieur, de nouveaux ressorts, plus fermes remplaçaient ceux de série tandis que les amortisseurs étaient échangés pour des Koni réglables ! Afin de rigidifier l'ensemble, une barre stabilisatrice plus grosse fut adoptée tandis que sous le capot était mise en place la fameuse entretoise en "V" d'exportation, constituée d'une seule pièce contrairement à l'entretoise livrée d'origine avec les Mustang destinées au marché américain qui elle était constituée de deux pièces. L'entretoise d'exportation était bien plus rigide et se mariait donc à merveille avec le tempérament de la Shelby. Elle ne fut pas la seule barre de rigidification présente sous le capot, en effet Shelby ajouta en plus une barre dite "barre monte-carlo", cette fois-ci droite, parcourant toute la largeur du capot, fixée de chaque côté au niveau de la chandelle d'amortisseur. Le train arrière ne fut pas épargné dans la course, tout comme pour l'avant des Koni réglables ainsi qu'un jeu de câbles et de barres de traction afin de limiter les mouvements du pont.
Moins ... c'est mieux !
C'était le serment de Carroll Shelby, et il n'avait pas tort ! Comment gagner en agilité et en performance par la manière la plus simple ? Enlever à la demoiselle des kilos superflus ! On commence par l'habitacle : aucune touche de luxe particulière, le même tableau de bord que la Mustang de série avec son gros compteur kilométrique plat, pas de climatisation, pas de de luxe superflu et pas d'autoradio ! On est pas là dans une voiture de luxe, mais dans une voiture de sport, qu'on se le dise ! D'ailleurs il ne fallait pas perdre de temps à chercher une éventuelle banquette arrière, Carroll Shelby l'avait supprimée ! A sa place une roue de secours. Au niveau de l'extérieur le capot acier était remplacé par un capot en fibre de verre, équipé d'une prise d'air débouchant juste au niveau du filtre à air et permettant d'encore mieux gaver le carburateur. Ce capot était équipé de deux attaches de sécurité.
Le capot en fibre de verre ainsi que l'ensemble des restrictions d'équipement permirent de gagner facilement une centaine de kilos !
Une mécanique libérée
Le chassis n'était pas le seul à recevoir des modifications, il en alla de même pour la mécanique. Tout d'abord le 289, selon le réglement de la SSCA, on en pouvait toucher soit au chassis soit au moteur mais pas aux deux. Ce n'était pas un problème pour Carroll Shelby car le 289 ci était équipé d'origine de pièces High perf et sortait 271 chevaux, il suffisait alors de le libérer un peu plus pour grapiller plus ! On commence par la ligne d'échappement : collecteurs Tri-Y 4 en 1 menant directement à de gros silencieux "Glasspack Mufflers". L'échappement débouchait directement devant les roues arrières, comment faire plus court et plus libéré !
Au niveau de l'admission le carburateur d'origine était remplacé par un Holley monté sur un collecteur d'admission spécial en aluminium. Pour compléter le tout et ainsi éviter de voir notre beau 289 Cobra partir en fumée à la première accélération, un carter d'huile de grande capacité compartimenté remplaçait celui d'origine !
Ces quelques modifications comme toute rudimentaires permettaient de faire sortir 306 chevaux de notre belle GT 350 !
Afin d'exploiter cette belle mécanique vociférante, les GT 350 recevaient de série une boîte de vitesse manuelle à 4 rapports rapprochés : la Borg Warner T10. Le pont était un Detroit locker de 9 pouces au rapport de 3.89:1. Le freinage était confié à des freins à disques à l'avant tandis que les tambours d'origine à l'arrière étaient troqués contre des tambours de Ford Fairlane !
Le prix de la différence
Il n'était pas donné à tout le monde de rouler en Shelby Mustang. Pour ceux qui n'avaient pas été effrayés par les performances de la machine, il restait deux barrières à franchir : le prix (4547 $) mais aussi le nombre d'exemplaires produits : 560 !
Pour ce prix vous aviez le droit de rouler dans une automobile performante, prête à enfumer n'importe quelle auto à la course des feux verts mais aussi très rude avec ses occupants ! Il ne faut pas oublier que la GT 350 était tout sauf un jouet de bon père de famille. L'absence de tout confort ou de banquette arrière vous le faisait vite rappeller : la GT 350 était réservée uniquement aux amateurs de vraies sportives ! Et les amateurs étaient servis ! Au niveau du look extérieur, on pouvait facilement reconnaître ces serpent venimeux à leur calandre simplifiée : plus de corrall ni de cheval de calandre et encore moins de barres chromées horizontales ! Il ne restait plus que la grille de calandre en nid d'abeille avec tout à droite, du côté conducteur une insigne d'aile pour toute dénomination !
Ces insignes d'ailes justement, il ne fallait pas les chercher au niveau des ailes : tout parement avait disparu ! Plus d'insignes d'ailes, plus de logo 289 à l'extrémité de ces dernières, plus de lettrage Ford à l'extrémité du capot et plus de fause prises d'air d'ailes arrières : moins, c'est mieux ! En revanche pour ce prix vous aviez le droit au détail qui permettait d'identifier une Shelby au premier coup d'oeil : les bandes de décoration de bas de caisse !
Ces bandes bleues étaient constituées d'une large bande centrale entourée d'une bande plus fine de chaque côté. La bande centrale était interrompue au niveau de l'aile avant par l'inscription "GT 350". A l'arrière, un discret monogramme "GT 350" était apposé sur la poupe, du côté gauche, juste à côté du feux.
Pas de luxe du côté des jantes, de simples jantes en tôles peintes couleur argent équipaient la GT 350, ces derniers étaient chaussés de performants Goodyear Blue Dot en 7.75x15. La batterie était déplacée dans le coffre pour les 324 premiers exemplaires, mais tous reçurent de magnifiques caches culbuteurs Cobra en aluminium sous le capot ! La seule couleur de carrosserie disponible pour 1965 était le wimbledon white, au moins vous ne perdiez pas de temps à chercher une couleur pour la votre !
Du côté de l'habitacle, tous reçurent un intérieur noir standard, mais quelques touches Shelby venaient égayer l'équipement simpliste de la GT 350 : tout d'abord le volant, remplacé par un volant Shelby en bois et acier avec monogramme GT 350 en son centre. Puis le combiné d'instruments supplémentaire, vissé en plein milieu de la planche de bord.
Les options étaient peu nombreuses, il avait tout d'abord les fameuse bandes "le Mans", de couleur bleue, ces bandes parcouraient la voiture de long en long et formait le signe distinctif des Shelby ! La grande majorité des GT350 en furent équipées. l'autre option étaient les jantes Cragar conçues spécialement pour Carroll Shelby, ces jantes assez chères n'étaient pas très répandues, mais elles se mariaient à la perfection avec les Shelby !
1966
Suite aux demandes de la direction de Ford d'élaborer un modèle moins marginal que la GT350 de 1965, Carroll Shelby dû revoir sa copie pour nous proposer une toute nouvelle mouture de la plus piquante des Mustang, mais cette fois-ci, en plus civilisée et accueillante !
Un souhait : élargir la clientèle
Ford souhaitait que la GT 350 soit diffusée à plus d'exemplaires afin que la voiture sorte de son tempérament de voiture presque exclusive et pour prouver que le savoir faire de Ford était bien là. De leur côté les clients réclamaient plus de différenciation car il est vrai que la GT 350 de 1965 se démarquait peu des Mustang de série. Carroll Shelby prit donc note de tout ces arguments et mit sur roues une nouvelle version de sa GT 350 qui répondait aux attentes de tout le monde : une GT 350 moins coûteuse à produire et avec des signes extérieurs qui ne trompaient personne sur la marchandise !
La source : http://usa-cars.skyrock.com et http://hamouda16.skyrock.com





